Les dents de mon NAC

LES DENTS DE MON NAC

Lapin, Cochon d’Inde, Chinchilla… Tous nos petits herbivores de compagnie sont confrontés à un problème : la pousse continue de leurs dents.  À l’état sauvage, Lapins et Rongeurs se nourrissent de végétaux qui contiennent de la cellulose, de la lignine, et de la silice. Feuilles et tiges constituent de véritables râpes à dents, et il faut les mastiquer longtemps ! En revanche, les aliments proposés aux petits herbivores de compagnie sont souvent trop tendres et trop sucrés : vite avalés, ils favorisent la prise de poids et ne permettent pas aux dents de s’user. La suite est connue : allongement des dents, malocclusions, abcès dentaires, difficultés croissantes à s’alimenter…Et malheureusement la mort dans un certain nombre de cas.

LA DENTISTERIE CHEZ LES NAC : DE PLUS EN PLUS TECHNIQUE

Ces problèmes de santé liés aux dents, très fréquents chez les NAC, ont fait l’objet de nombreuses études, et les vétérinaires spécialistes disposent aujourd’hui de matériel spécifique pour traiter les dents des Lapins et Rongeurs. Dans certains cas, des examens d’imagerie comme la radiographie ou le scanner seront proposés avant intervention. Sous anesthésie, les dents trop longues pourront être limées, et si nécessaire, on pourra aussi procéder à leur extraction – opération délicate du fait de la longueur importante de la racine ! Attention : couper des incisives de Lapin ou de Rongeur simplement à la pince est aujourd’hui déconseillé, c’est très douloureux et peut entraîner des complications (fractures et abcès).

Les NAC restent des animaux fragiles, très sensibles, et dont le risque anesthésique dépasse largement celui des chats ou chiens. De plus en post-opératoire, la reprise de l'alimentation est souvent difficile, d'où un affaiblissement de l'animal... Et à nouveau une usure insuffisante des dents !

En conclusion, les soins de dentisterie NAC sont délicats techniquement, et le risque de décès et ou de rechute suite à l'intervention reste élevé. Pour les dents des NAC, la prévention est donc essentielle ! 

LA PRÉVENTION PAR L'ALIMENTATION

Le foin doit rester de loin la première source de nourriture. Le foin est en effet la nourriture naturelle des herbivores : de l'herbe ! On le choisira de l'année, de bonne qualité (foin de prairie naturel), bien vert et non-poussiéreux. Le foin de luzerne est à éviter, sauf cas particulier, car trop riche en calcium. Des herbes fraîches seront également données aux Lapins et Cochons d'Inde, sauvages (pissenlit, plantain) ou cultivées (fines herbes).

Certains légumes et fruits peuvent être donnés, avec précautions et en quantité limitée. Pour chaque espèce, et selon les besoins particuliers d'un individu, les recommandations vont varier : il est conseillé de se rapprocher de son vétérinaire afin de définir les quantités à donner. Fruits et légumes devront être donnés frais (ni boîtes ni surgelés) et propres. 

Attention : le Chinchilla, adapté aux milieux secs, tolère mal la présence d'eau dans ses aliments. Verdure et fruits frais interdits

Les granulés seront donnés, si nécessaires, en très petite quantité, et devront être adaptés à l'espèce de l'animal. Ils devront être riches en fibres et pauvres en sucres et graisse.

On évitera absolument les "mélanges de graines", souvent très sucrés. Il est tout à fait possible de nourrir un Lapin sans granulés ! 

LA PRÉVENTION PAR L'EXAMEN RÉGULIER DES DENTS CHEZ LE VÉTÉRINAIRE

Une visite régulière chez le vétérinaire permettra un examen buccal à l'aide d'un otoscope. Pas toujours facile à réaliser, et ne permettant pas de voir l'ensemble de la dentition, cet examen permet cependant de dépister des excroissances dentaires et/ou des blessures de la bouche, avant que l'animal n'ait eu le temps de maigrir et de s'affaiblir.

 

Dans tous les cas, l'apparition chez votre herbivore de compagnie de l'un de ces signes : 

 

  • Manque d'appétit, difficultés à s'alimenter
  • Diminution du transit avec des crottes plus petites et/ou moins nombreuses 
  • Salivation anormale 
  • Perte de poids 

 

Doit vous amener à consulter votre vétérinaire afin de vérifier l'état des dents de votre compagnon.

Prendre soin des dents de son NAC, c'est accorder beaucoup d'attention à son alimentation, dès son adoption. Il vous faudra peut-être rééduquer un animal habitué à se jeter sur les granulés et boudant le foin... et surtout, être attentif à l'équilibre et à la qualité de la ration. Votre vétérinaire peut vous aider, n'hésitez pas à le solliciter !